La spoliation des espaces publics prend une tournure inquiétante à Isiro. Georges Madema, coordonnateur de la société civile du congo, dénonce avec vigueur la vente illégale de portions de terre au sein du cimetière de Puame, situé à Mendambo dans le quartier Gossam. Le constat est alarmant : des habitations pour vivants sortent de terre au milieu des sépultures des défunts. Selon Georges Madema, des individus de « mauvaise foi », agissant en complicité avec certains agents de l’administration de la chefferie, auraient vendu ces terres à vil prix en produisant de faux documents. Cette situation est d’autant plus révoltante que de nombreuses tombes profanées n’ont même pas deux ans d’existence. Pourtant, comme le rappelle le leader de la société civile, la loi en vigueur stipule qu’un cimetière ne peut être réaffecté à d’autres usages que cinquante ans après la dernière inhumation.
« Chez nous les Bantous, nous disons que les morts ne sont pas tous morts. Comment pouvons-nous cohabiter avec ceux qui sont déjà passés dans d’autres cieux alors qu’il y a assez d’espace ailleurs pour construire ? » s’indigne Georges Madema. Saisie de l’affaire, la mairie de la ville a renvoyé le dossier devant le chef de chefferie. Ce dernier a promis des sanctions exemplaires à l’encontre des agents administratifs impliqués dans la falsification des titres fonciers. Une descente sur le terrain est prévue ce samedi, en présence du chef de chefferie et des représentants de la société civile pour identifier les occupants actuels, vérifier l’authenticité des documents d’achat et tracer les auteurs de ces actes qualifiés de « destruction méchante ».
La société civile exige que le parquet et le ministère public ouvrent une procédure judiciaire immédiate pour appréhender les spoliateurs et leurs complices. Elle rappelle que les familles endeuillées paient pour ces portions de terre afin d’y enterrer leurs proches dignement et viennent régulièrement entretenir les sépultures les mercredis et samedis. Les forces vives de la région appellent les autorités compétentes à agir avec fermeté pour rétablir les familles dans leurs droits et protéger le caractère sacré de ce lieu de repos éternel.
Elias Magumba

