La colère monte dans le village de Kokiza, à Durba (territoire de Watsa). Réunis ce samedi 19 juillet 2025 matin, les représentants des 21 villages issus des communautés délocalisées par le projet minier Kibali ont lancé un avertissement clair : si la coupure d’électricité qui les frappe depuis plusieurs mois persiste, ils menacent de couper l’alimentation vers la mine de Kibali Gold et les installations de la SOKIMO.
La réunion, convoquée par l’ASBL des personnes délocalisées et réinstallées de Kokiza, a rassemblé chefs coutumiers, notables, activistes et leaders communautaires. Tous dénoncent la détérioration de leurs conditions de vie : délestages prolongés, routes en ruine, paralysie du petit commerce… Et surtout, des promesses d’amélioration restées lettre morte, selon eux.
Ogwayo Ewada, président des personnes affectées, n’a pas mâché ses mots :
« Si Kokiza reste dans l’obscurité, alors Kibali et la SOKIMO doivent aussi être plongées dans le noir. »
Une menace à peine voilée qui traduit l’exaspération d’une population qui se sent abandonnée, plus de dix ans après leur déplacement forcé pour laisser place à l’exploitation minière.
Une nouvelle assemblée est annoncée dans les prochains jours. Cette fois, elle pourrait déboucher sur des actions concrètes. À Kokiza, la patience semble avoir atteint ses limites.
Junior Kasamba
