Ituri : la communauté Hema tire la sonnette d’alarme face à la recrudescence de l’insécurité dans la province

Réunie le 27 juillet 2025 à Bunia, la communauté Hema, par le biais de son association culturelle ENTE, a dressé un tableau sombre de la situation sécuritaire dans plusieurs chefferies du territoire de l’Ituri. Dans un communiqué officiel signé par Me Jean Claude Ngadijole Ateenyi, président de ladite association dont la rédaction d’Actuafrique7.cd a reçu une copie, les représentants coutumiers ont dénoncé une montée inquiétante de l’insécurité et ont formulé une série de recommandations aux autorités.

Le rapport présenté fait état d’une insécurité généralisée : violences, pillages, assassinats, enlèvements, attaques armées, et conflits fonciers sont recensés dans huit entités traditionnelles, notamment Bahema Sud, Bahema d’Irumu, Bahema Nord, Bahema Mitego, Bahema Banywagi, Bahema Badjere, Bahema Baguru et Bahema Boga.

Parmi les faits saillants :
Le phénomène FRPI continue de semer la terreur à Bahema Sud ;

Une menace de vente illicite des terres par des membres du groupement Bavandi est signalée à Bahema d’Irumu ;

À Bahema Mitego, l’envahissement du village Nyamanuace et le pillage régulier du bétail inquiètent ;

À Bahema Badjere, l’insécurité autour des camps de déplacés reste un problème majeur ;

À Lopa, les violences et pillages à répétition ont culminé avec la profanation de l’église catholique locale, tandis que la route RN27 devient de plus en plus impraticable en raison des activités de groupes armés.

Le rapport évoque également une crise de confiance civilo-militaire, des arrestations arbitraires de membres de la communauté Hema assimilés à tort à la CRP (Coalition des Résistants Patriotes), ainsi qu’une situation humanitaire critique pour les déplacés internes.

Face à cette situation alarmante, la communauté Hema lance un appel pressant à l’ensemble des acteurs impliqués :
1. À la CRP, de cesser immédiatement les attaques et de privilégier les voies légales ;
2. Aux groupes armés signataires des accords d’ARU 2, de respecter leurs engagements ;
3. À la population, de continuer à faire confiance au gouvernement congolais ;
4. À tous, de raviver l’unité, la fraternité et l’amour communautaire.

La déclaration propose également plusieurs recommandations fortes à l’endroit des autorités :

Revoir la stratégie sécuritaire en Ituri et renforcer la coopération FARDC-UPDF pour sécuriser les populations ;
Sécuriser les routes et centres commerciaux stratégiques pour favoriser l’approvisionnement des biens essentiels ;
Dissocier clairement les civils des groupes armés pour éviter les amalgames ;
Soutenir les efforts du chef de l’État, Félix Tshisekedi, pour la restauration de la paix à l’Est du pays ;
Bannir la haine et l’incitation à la division sur les réseaux sociaux, et faire confiance aux autorités établies.

Dans son mot de clôture, l’association ENTE appelle la population iturienne à rester unie face à cette crise sécuritaire persistante, tout en condamnant fermement les actes de barbarie commis contre les civils, notamment dans les sites de déplacés et les localités rurales.

> « Revivons l’amour, l’unité et la fraternité comme le vivaient nos grands-parents », peut-on lire dans la déclaration.

Lomo Arike