Haut-Uele : Le député national Joseph Bangakia dénonce une « dérive institutionnelle » après le télégramme du Vice-ministre des Affaires coutumières

Une crise institutionnelle sans précédent secoue l’Assemblée provinciale du Haut-Uele. Alors qu’un télégramme officiel émanant du Vice-ministre des Affaires coutumières, Jean-Baptiste Ndeze Katurebe, instruit la suspension des motions et pétitions en cours contre le gouvernement provincial, le député national Joseph Bangakia met en garde contre ce qu’il qualifie de « dérive institutionnelle dangereuse », appelant au respect strict de l’autonomie provinciale.

Dans son message transmis au président de l’Assemblée provinciale du Haut-Uele, le Vice-ministre ordonne un moratoire sur toutes les motions visant notamment le gouverneur Jean Bakomito Gambu et son gouvernement. Il demande également la sécurisation de l’enceinte de l’Assemblée provinciale et la « suspension de toute plénière relative aux motions ».

Ce télégramme, largement diffusé sur les réseaux sociaux, a immédiatement suscité des interrogations quant à sa légalité et son intention réelle.

« Le ministre de l’Intérieur n’a aucun ordre à donner à une Assemblée provinciale »

Réagissant à ce message, le député national Joseph Bangakia rappelle que la Constitution et les lois de la République sont claires :
aucun membre du gouvernement central ne peut ordonner à une Assemblée provinciale de suspendre ou différer l’exercice de ses prérogatives.
« Le ministre de l’Intérieur n’a pas d’ordre à donner et ne doit pas interférer. Ce qui se passe actuellement rappelle ce que l’on appelait autrefois la châtarisation des provinces. Nous ne devons pas y revenir », a-t-il déclaré.

Le député a souligné que la situation dans le Haut-Uele ne relève pas d’un problème de gestion des plénières, mais d’une confrontation institutionnelle alimentée par des accusations liées aux contrôles parlementaires initiés contre l’exécutif provincial.

Pour Joseph Bangakia, la crise met en lumière une réalité désormais évidente :
la majorité politique qui soutenait le gouvernement provincial ne semble plus exister.

Il estime que l’Union sacrée, plateforme politique majoritaire, doit assumer sa responsabilité en envoyant une commission composée de parlementaires nationaux, de responsables politiques et de chefs de partis pour vérifier l’existence ou non d’une majorité au sein de l’Assemblée provinciale :
« Si la majorité existe encore, qu’on relance le travail politique. Si elle n’existe plus, il faut l’accepter. Nul n’est plus grand que la province. »

Le député a dénoncé avec fermeté les actes d’intimidation signalés ces derniers jours :

députés provinciaux menacés, journalistes victimes de pressions et d’agressions verbales, tentatives de museler la presse et de limiter l’accès aux informations.

« Cela doit immédiatement cesser. C’est inacceptable dans un État de droit », a-t-il martelé.

Sur le plan procédural, Bangakia rappelle qu’une motion de défiance n’existe que lorsqu’elle est examinée en plénière. Le télégramme du ministère ne peut donc suspendre indéfiniment un processus prévu par les textes :
« Le jour où il y aura une plénière, la motion sera examinée. »

Il invite l’Union sacrée à profiter de ce climat tendu pour remobiliser sa majorité, si elle existe encore, et clarifier la ligne politique à suivre.

Pour le député national, la solution n’est ni dans la confrontation, ni dans la politisation excessive du débat, mais dans le respect des institutions, du contradictoire et du débat démocratique.

« La province doit passer avant les ambitions personnelles. Nous devons éviter toute déstabilisation institutionnelle. » a t-il conclu.

Rédaction