La société civile du Congo dans la chefferie Bari-Logo, en territoire de Watsa, hausse le ton face au moratoire de quatre ans annoncé dans le cadre du Plan d’Action de Réinstallation (RAP) du projet ARK. Par la voix d’Ignace Atukuma Talaguma, elle craint une répétition des erreurs du passé pouvant accentuer les frustrations au sein des communautés locales.
Selon cet acteur de la société civile, les précédents RAP exécutés dans les 21 villages de Kokiza ainsi qu’à Gurungwa, Kalinva et Ikanva n’avaient pas connu une telle durée avant leur mise en œuvre. Il estime que cette nouvelle orientation constitue déjà « un mauvais départ » pour les populations concernées.
« Plusieurs familles continuent jusqu’à aujourd’hui à se lamenter après les anciennes procédures.
Beaucoup estiment ne jamais avoir obtenu satisfaction », déplore Ignace Atukuma Talaguma.
Face à cette situation, la société civile exige l’identification préalable de chaque ménage avant toute application du moratoire afin d’éviter des omissions et des conflits communautaires.
Elle appelle également Kibali Gold Mine à assumer pleinement ses responsabilités dans le processus au lieu de laisser l’État gérer seul le dossier. Pour la société civile, le rôle de l’État devrait se limiter à servir de pont entre l’opérateur minier et les communautés locales afin de garantir plus de transparence et d’équité.
Ignace Atukuma Talaguma prévient enfin que toute procédure menée sans implication directe de la population risque d’aggraver le climat de méfiance déjà observé dans plusieurs zones affectées par les projets miniers en territoire de Watsa.
Junior kasamba

