Haut-Uele : les jeunes entrepreneurs alertent le chef de l’État sur les freins à leur succès

Dans un élan d’engagement citoyen, le président du Conseil Provincial de la Jeunesse (CPJ) du Haut-Uele, René Eyaka, a réuni dimanche 2 novembre une délégation de jeunes entrepreneurs locaux pour un échange franc et constructif. Cette rencontre, tenue à Isiro, vise à préparer une audience à Kinshasa avec le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, où les présidents des CPJ plaideront pour un soutien renforcé à l’entrepreneuriat juvénile. Tout en saluant les efforts du désenclavement de la Province du Haut-Uele par l’Executif Provincial, la jeunesse demande l’accélération des travaux pour faciliter les échanges des produits.

Au cœur des discussions: les réalités brutales du terrain. Chaque participant : des éleveurs importateurs de poussins aux chauffeurs de taxi et cultivateurs, a exposé ses activités quotidiennes, les obstacles et des propositions concrètes pour relancer l’économie provinciale. « Nous ne demandons pas des miracles, mais des conditions équitables pour créer de la richesse », a résumé un entrepreneur, soulignant l’urgence d’un cadre propice.

Les défis dominants émergent avec clarté. La surtaxation étouffe les initiatives: des impôts exorbitants, souvent supérieurs aux capitaux initiaux, poussent les jeunes vers l’informel pour esquiver les tracasseries administratives. « On paie plus en taxes qu’on ne gagne, c’est décourageant », témoigne un importateur, dont les poussins périssent en route à cause des pistes dégradées. L’absence d’infrastructures : routes impraticables et énergie électrique amplifie le chaos: des marchandises perdent leur valeur, des élevages reculent au lieu d’avancer, et l’ensemble freine la compétitivité régionale.

Les chauffeurs de taxi, pilier de la mobilité locale, plaident pour un « système de plaque-moto » unifié: un document unique géré par l’État, remplaçant la myriade de papiers collectés par des agents peu transparents. Cela maximiserait les recettes publiques tout en allégeant les entrepreneurs. De même, la légalisation des entreprises reste un parcours du combattant: les jeunes exigent un guichet unique à Isiro, avec un tarif forfaitaire englobant tous les documents nécessaires, pour fluidifier les formalités.

Ces voix unies portent un message clair aux autorités nationales et provinciales: le développement ne se décrète pas, il s’actionne. Il suffit de faciliter l’accès au marché, investir dans les infrastructures et lutter contre la fiscalité abusive, c’est dans cette logique que le gouvernement peut transformer ces jeunes en moteurs d’une croissance inclusive. René Eyaka s’est dit prêt à relayer ces recommandations à Kinshasa, promettant: « Votre combat est le nôtre; solidaires, nous forgerons un Haut-Uele entrepreneurial et résilient. »

Cette initiative du CPJ représente un réveil collectif: les jeunes du Haut-Uele ne se contentent plus de survivre; ils exigent d’entreprendre. Reste à voir si les échos de cette rencontre influenceront les décisions au sommet.

André SENGI MIGUEL, actuafriaue7.cd