Guinée-Bissau : le général Horta N’Tam investi « président de la transition » au lendemain du coup d’État

Vingt-quatre heures après le coup d’État ayant renversé le président sortant Umaro Sissoco Embaló, la Guinée-Bissau s’est officiellement dotée d’un nouveau dirigeant. Le général Horta N’Tam, jusque-là chef d’état-major de l’armée de terre, a été investi ce jeudi 27 novembre en tant que président de la transition et chef du Haut commandement militaire, pour une période annoncée d’un an.

La cérémonie d’investiture s’est déroulée au siège de l’état-major des forces armées, dans une atmosphère de forte tension sécuritaire. Selon plusieurs sources, dont l’AFP, des dizaines de militaires lourdement armés ont été déployés autour du bâtiment dans la capitale Bissau.

Dans son premier discours en tant qu’homme fort du pays, le général Horta N’Tam a appelé la population à s’impliquer dans ce qu’il qualifie de « nouveau chapitre » de l’histoire nationale.

<< Je viens d’être investi pour assurer la direction du Haut commandement. La Guinée-Bissau traverse une période très difficile de son histoire. Les mesures qui s’imposent sont urgentes et importantes et requièrent la participation de tout le monde », a-t-il déclaré.

 

L’officier, considéré ces dernières années comme proche du président déchu Umaro Sissoco Embaló, prend les commandes dans un contexte politique extrêmement fragile.

Le coup d’État a été revendiqué mercredi 28 novembre par un groupe de militaires affirmant avoir pris le “contrôle total du pays”. Les putschistes ont annoncé avoir :

neutralisé le président sortant Umaro Sissoco Embaló, arrêté l’opposant Domingos Simões Pereira, suspendu immédiatement le processus électoral en cours.

Cette rupture institutionnelle plonge une nouvelle fois la Guinée-Bissau dans l’incertitude. Le pays, déjà marqué par une longue série de coups d’État et de crises politiques, entre dans une transition dont les contours restent flous, en dépit de la durée d’un an annoncée par les militaires.

À Bissau, les rues autour des institutions demeurent sous surveillance renforcée. Les habitants, habitués aux soubresauts politiques, observent avec inquiétude l’évolution de la situation, tandis que la communauté internationale suit de près ce nouvel épisode d’instabilité en Guinée-Bissau.

BENJAMIN VITA