Le conflit persistant entre la chefferie de Mondo-Misa et le Parc national de la Garamba (PNG), dans le territoire de Faradje, continue d’alimenter les débats dans la province du Haut-Uélé. Depuis plusieurs décennies, les habitants de cette entité coutumière réclament une meilleure prise en compte de leurs droits et besoins par l’administration du parc, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
La Fraternité des étudiants ressortissants des territoires de Faradje et de Watsa à Bunia (FERFAWAB) s’est récemment invitée dans ce dossier en apportant son soutien aux revendications de la communauté locale. Dans une déclaration publique, cette organisation estudiantine estime que le Parc national de la Garamba doit respecter les engagements contenus dans le cahier des charges signé avec les notables de Mondo-Misa, appelant à des mesures urgentes « pour éviter le pire ».
« Depuis 87 ans, la population de Mondo-Misa est marginalisée sur ses propres terres. Le PNG doit ouvrir un dialogue franc avec les notables et honorer les accords déjà établis « , a déclaré le président de la FERFAWAB, Emmanuel Fala Ranguza, qualifiant la situation de grave injustice.
Selon cette structure, la communauté de Mondo-Misa n’a bénéficié d’aucun projet de développement tangible depuis la création du parc. Les étudiants pointent notamment l’absence d’écoles, de centres de santé, de bourses d’études, d’infrastructures routières et d’opportunités économiques, tout en dénonçant le manque de représentation des habitants dans les instances de gestion du PNG, malgré l’occupation d’une grande partie de leurs terres ancestrales.
Cette prise de position vient s’ajouter à d’autres voix critiques contre la gestion actuelle du parc. La Fondation Kinalegu, basée à Dungu, a également saisi le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à travers une correspondance (réf. 001/FK/PCA/TKT/2025), alertant sur une « crise humanitaire persistante » dans les zones riveraines du Parc national de la Garamba.
Alors que les tensions s’exacerbent entre les communautés locales et les autorités du parc, plusieurs observateurs appellent à un dialogue inclusif pour concilier la conservation de la biodiversité et le respect des droits des populations riveraines.
Rédaction