La gestion de l’exploitation minière artisanale continue de semer le trouble dans la province du Lualaba. Alors que la situation semblait s’orienter vers un apaisement, un nouvel arrêté ministériel signé le 1ᵉʳ janvier 2026 par le ministère des Mines est venu relancer une crise sociale aux conséquences potentiellement graves.
Pour rappel, un premier arrêté datant du 19 décembre avait interdit l’exploitation minière artisanale dans certaines zones. Cette mesure avait immédiatement provoqué de fortes tensions, notamment parmi les creuseurs artisanaux qui y voient leur principal moyen de subsistance. Face au risque d’une explosion sociale, la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka, avait annoncé la suspension de l’application de cet arrêté, privilégiant le dialogue et la concertation.
Cette suspension s’était accompagnée d’actions concrètes sur le terrain, menées en collaboration avec une commission dépêchée depuis Kinshasa. Ces démarches avaient permis un retour progressif au calme et l’ouverture de discussions avec les creuseurs artisanaux, laissant entrevoir une sortie de crise.
Cependant, la publication du nouvel arrêté du 1ᵉʳ janvier 2026 a brutalement ravivé les tensions. Durant près de 48 heures, la ville de Kolwezi, certaines localités du Lualaba ainsi que la commune rurale de Fungurume ont été le théâtre de manifestations. Des creuseurs artisanaux sont descendus dans la rue, brûlant des pneus, entonnant des chants hostiles et appelant les autorités à « réfléchir en hommes d’État » afin d’éviter le pire.
À Kasulo et dans plusieurs quartiers de Kolwezi, le climat est devenu particulièrement tendu. La situation a finalement été contenue grâce à l’intervention du général Eddy Kapend et de ses hommes, venus en appui aux autorités provinciales. À Fungurume, tôt le matin, des routes ont été barricadées par des creuseurs artisanaux, provoquant des accrochages avec les forces de l’ordre. Par crainte d’un embrasement, de nombreux commerçants ont fermé leurs boutiques. Le calme n’est revenu que plusieurs heures plus tard.
Localement, l’arrêté du 1ᵉʳ janvier est perçu comme une décision incohérente, en contradiction avec les engagements pris quelques jours plus tôt pour apaiser les tensions. Dans un contexte socio-économique déjà fragile, cette situation expose non seulement le Lualaba, mais aussi l’ensemble du Grand Katanga, à de nouveaux risques sécuritaires.
Face à cette crise, de nombreuses voix s’élèvent pour exiger une réévaluation urgente de l’arrêté du 1ᵉʳ janvier et l’adoption d’une approche concertée, tenant compte des réalités du terrain et des besoins des communautés locales. À défaut, les conséquences sociales pourraient s’avérer lourdes et durables
BENJAMIN VITA


