Les groupes armés dits Wazalendo, actifs dans les territoires de Mwenga et Shabunda, exigent le remplacement immédiat du colonel Tshihutu Vela, commandant du 3306ᵉ régiment des FARDC basé à Mwenga.
Dans une lettre adressée au président de la République et au chef d’État-Major général des FARDC, ces miliciens justifient leur demande par de « graves manquements » reprochés à l’officier.
Des accusations lourdes
Les Wazalendo accusent Tshihutu Vela :
• de confisquer armes et munitions au détriment de certains groupes alliés dans la zone ;
• de détourner une rétrocession mensuelle estimée à 48 000 USD, fonds censés leur revenir de la province, avec la complicité de l’ancien ministre provincial de l’Intérieur, Albert Foka Maik ;
• d’entretenir des liens avec des sociétés minières étrangères et des circuits de trafic d’or, ce qui contribuerait à l’autonomie financière de certains groupes armés locaux.
Un climat de tension meurtrière
Cette sortie intervient dans un contexte marqué par de récents affrontements entre factions armées, ayant fait au moins huit morts et plusieurs blessés, selon la société civile.
Les miliciens exigent non seulement la mise à disposition du commandant Tshihutu Vela devant l’État-Major général, mais aussi l’interpellation urgente d’Albert Foka Maik dans la gestion controversée des fonds alloués.
Un défi pour Kinshasa
Ces accusations mettent en lumière la persistance de pratiques illégales de taxation et d’autofinancement dans la région, souvent tolérées par certains officiers, selon des témoignages locaux.
Elles rappellent également les difficultés pour le gouvernement central à encadrer les Wazalendo, malgré les tentatives récentes de régulation.
Le mémorandum signé par ces groupes marque ainsi une nouvelle étape dans la pression exercée sur Kinshasa, révélant à la fois les rivalités internes aux Wazalendo et les enjeux économiques et politiques qui compliquent la stabilisation de l’Est du pays.
Elias Magumba