La guerre qui oppose l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR) continue de faire peser un lourd tribut sur les civils, et plus particulièrement sur les femmes et les jeunes filles. Dans un rapport récemment publié, l’organisation panafricaine Siha dresse un tableau alarmant des violences de genre commises depuis le début du conflit.
Selon le dernier documentaire de Siha publié ce mercredi 10 décembre 2025 par la radio france international ( rfi ) dont, Actuafrique7.cd vient de tiré une copie à travers ce documente, près de 1 300 cas de violences contre les femmes depuis avril 2023. Un chiffre loin de refléte l’ampleur réelle des exactions, souligne l’organisation, tant il reste difficile de recueillir des informations dans les zones touchées par les combats.
Les violences recensées incluent la torture, les viols individuels ou collectifs, les enlèvements, ainsi que des mariages forcés. L’ONG affirme que ces pratiques s’inscrivent dans une stratégie délibérée : faire de la violence sexuelle un instrument de domination et de terreur.
Selon le rapport, plus des trois quarts des violences enregistrées sont des viols, dont 87 % attribués aux FSR. Les victimes ont entre 4 et plus de 60 ans. Elles sont choisies en fonction de leur ethnie, de leur statut social ou de leur profession, ce qui témoigne d’une volonté de cibler des groupes spécifiques.
Les chercheurs identifient un modèle en un étapes dans les violences perpétrées par les paramilitaires : Enfin, la captation des femmes, retenues dans leurs maisons, utilisées à volonté ou mariées de force.
Siha pointe également des violences commises par des soldats de l’armée régulière, notamment après la reprise de Khartoum. Certaines femmes y ont été agressées après avoir été accusées de collaboration avec les FSR.
Pour l’organisation, ce recours massif aux violences sexuelles s’inscrit dans la continuité des abus observés lors de conflits antérieurs au Darfour, au Kordofan ou dans les montagnes Nuba. Une impunité persistante qui, selon Siha, favorise la répétition des mêmes crimes.
Le conflit qui déchire le Soudan depuis plus de deux ans et demi a déjà fait des dizaines de milliers de morts. Il a également forcé plus de douze millions de personnes à fuir leur foyer, provoquant l’un des plus grands déplacements de population au monde. Les infrastructures du pays sont dévastées, et la situation humanitaire continue de se détériorer.
BENJAMIN VITA


