Du dialogue aux dialogues, aucune avancée : N’est-ce pas une distraction ? s’interroge Justin Dhegbo, un leader d’opinion et activiste social de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République Démocratique du Congo.
Cette réaction survient quelques heures seulement après la clôture d’un dialogue élargi réunissant six(6) groupes armés, dont MAPI, Autodéfense Zaïre, FPIC dit Chini ya Kilima, FRPI, Chini ya Tuna et URDPC/Codeco, ainsi que des leaders communautaires, des chefs de chefferies et de secteurs, des députés nationaux, des membres de l’Assemblée provinciale, le Commandant de la 32e région militaire, la Monusco, le PDDRCS et les administrateurs des territoires de la province de l’Ituri. Ce dialogue, intitulé « dialogue de paix et de cohésion sociale Aru2 », s’est tenu à Aru du 20 au 29 juin 2025.
Que pense cet activiste social ?
« Les dialogues devraient normalement permettre de mettre fin aux cycles de violence qui perdurent depuis plusieurs années dans la province de l’Ituri, en particulier dans le territoire de Djugu. Malheureusement, pendant et après ces pourparlers, la population continue de déplorer des pertes humaines, des villages réduits en cendres et reste dans des sites de déplacés, » déclare-t-il à la rédaction centrale d’Actuafrque7.Cd ce lundi 30 juin 2025.
Il ajoute : « La principale milice de l’Ituri, c’est la Codeco. Au lieu de respecter ses engagements, elle continue ses exactions sans aucune crainte. Le dernier incident remonte au matin du vendredi 27 juin 2025, dans le site de déplacés de Djangi, dans la paroisse catholique de Drodro en territoire de Djugu, où une dizaine de personnes ont été sauvagement tuées et plusieurs blessées, sans aucune intervention de l’armée. Pendant ce temps, tous les leaders des groupes armés étaient réunis autour d’une même table pour négocier un accord de cessation des hostilités, » déplore cet activiste.
Pourquoi passer d’un dialogue à d’autres dialogues alors que cette démarche a déjà montré ses limites ?
M. Justin Dhegbo estime que ce dialogue est mal conçu, empreint d’hypocrisie et sans suivi, car il n’y a pas de vérification indépendante des faits sur le terrain et encore moins de voix accordée aux victimes pour dénoncer ce qui se passe réellement.
Il souligne également que les dialogues locaux, comme celui tenu à Fataki et ceux organisés à deux reprises à Aru, n’ont rien résolu en Ituri. Par conséquent, il s’agit d’un échec qui prouve la suprématie des groupes armés sur l’État. Il soulève plusieurs questions : pourquoi négocier avec ceux qui ont pris les armes contre la République ? Pourquoi dialoguer avec ceux qui détruisent les hôpitaux où ils se font soigner ? Pourquoi engager des discussions avec ceux qui mettent le feu aux écoles où étudient leurs propres enfants ?
Pour Justin Dhegbo, la solution serait une imposition de la paix par l’armée régulière (FARDC) et contreindre les groupes armés à déposer eux-mêmes les armes. Et aussi on doit éviter de donner la force à la codeco en disant que les armes seraient gardées au niveau des sites de déplacés. Dans le cas contraire, ce la constituerait une insulte à la mémoire des victimes de toutes ces atrocités dont on connaît les auteurs.
Rappelons que les assises de Aru2 continue à dechirer l’opinion Iturienne sur son fondement et le résultat puisque c’est pour la nième fois ces miliciens signent des accords de paix et pour les violer aussitôt.
Flori Drajiro


