Haut-Uele : pendant que les plaies causées par la LRA sont loin d’être cicatricisées à Faradje, les mbororo enfoncent le couteau. Le silence complice de Kinshasa dénoncé par le député Patrick Andama Miteni

La situation sécuritaire dans le territoire de Faradje, situé dans la province du Haut-Uele au nord-est de la République Démocratique du Congo, est de plus en plus alarmante. C’est ce qu’affirme Patrick Andama Miteni, député provincial élu de Faradje, qui met en témoin la communauté locale, nationale et internationale contre les graves exactions et violations des droits humains perpétrées par les éleveurs nomades mbororo à l’encontre des populations civiles dans plusieurs entités dans cette partie du pays. Selon lui, ces éleveurs, accompagnés de leurs troupeaux principalement venus du Soudan du Sud, de la République Centrafricaine et du Tchad, occupent actuellement quatre des huit chefferies du territoire de Faradje, causant des ravages sur leur passage : destruction des champs des agriculteurs et des cours d’eau sans aucune réparation pour les préjudices subis.

L’élu de Faradje souligne également que ces éleveurs, armés, sèment la terreur et la désolation parmi la population civile. Il rapporte qu’un jeune homme nommé Bhavida a été tué par des insurgés dans la localité de Tavudri (chefferie de Logo Doka) la semaine dernière, et que son ami est porté disparu. De plus, le mardi 9 décembre 2025, un infirmier a été agressé par un groupe d’éleveurs mbororo armés à Rudu 1, une localité située à environ vingt kilomètres de la cité d’Aba, près de la frontière avec le Soudan du Sud. La victime se trouve actuellement dans un état critique et n’a pas reçu d’assistance dans l’établissement de santé le plus proche.

Cette situation plonge la population dans une inquiétude croissante face à l’inaction de l’État congolais, qui ne parvient pas à protéger ses citoyens contre les menaces qui pourraient violer leurs droits et mettre leur sécurité en péril. Pour Patrick Andama, les exactions commises par les mbororo sur les civils représentent une provocation et plongent les populations autochtones dans une misère indescriptible, alors que les blessures laissées par les rebelles ougandais de la LRA, qui ont causé la mort de milliers de civils, sont encore loin d’être cicatricisées et qu’aucune justice ne leur a été rendue. Il déplore également une possible complicité des autorités congolaises, qui semblent indifférentes à la situation que traverse le territoire de Faradje.

L’élu de la circonscription de Faradje appelle le gouvernement congolais à agir rapidement pour forcer les mbororo de se rendre au site de cantonnement à Nambia, dans le territoire de Niangara. Il craint qu’en l’absence de mesures, une nouvelle rébellion ne voit le jour à Faradje, avec des mouvements des mbororo armés le long de la frontière entre la RDC et le Soudan du Sud.

Il est à noter que la présence des mbororo est signalée dans les chefferies de Logo Ogambi, Kakwa-Ima, Logo Lolia et Logo Doka. Ils exercent un contrôle total sur les populations locales, qui sont épuisées et victimes de cette situation tragique. Certaines rumeurs accusent des autorités civiles et sécuritaires de tirer profit de cette situation pour leurs propres intérêts.

Pour mémoire, entre 2008 et 2010, les rebelles ougandais de la LRA ont causé 50 morts à Watsa, 388 à Faradje, 405 à Dungu et 946 à Niangara. Des sources fiables évoquent un lien entre les hommes de Joseph Kony et les éleveurs mbororo. Une situation qui devrait preocuper au plus au haut niveau les autorités, au momment où le pays est agressé par le Rwanda et ses supplétifs de AFC-M 23.

Actuafrique7.cd