La
question de la révision de la Constitution continue de diviser la classe politique en République démocratique du Congo.
Alors que certains acteurs politiques soutiennent cette initiative, d’autres estiment que le pays devrait d’abord se concentrer sur les défis sécuritaires et sociaux qui frappent particulièrement la partie orientale du territoire national.
Dans une interview exclusive accordée ce mardi 10 mars 2026 à Actuafrique 7.cd, Blaise Omunyepa, président fédéral du parti politique Alliance pour le changement Haut-Uele 2, un parti Cher à l’honorable Jean-Marc Kabund, s’est montré très critique face au débat actuel sur la révision de la Constitution.
Selon lui, la véritable priorité nationale devrait être la restauration de l’autorité de l’État dans l’Est du pays, où les populations continuent de vivre dans une insécurité permanente.
Il décrit une situation humanitaire préoccupante dans plusieurs territoires où les violences armées persistent. « Le sang continue de couler chaque jour. Des hommes sont décapités, des femmes sont violées devant leurs enfants et plusieurs villages vivent dans la peur », déplore-t-il.
Pour Blaise Omunyepa, il est difficile d’envisager une réforme constitutionnelle alors que plusieurs zones du pays restent en proie aux conflits armés. Il cite notamment des régions affectées par l’insécurité comme Goma, Bukavu, Lubero et Djugu, situées dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de Ituri.
D’après lui, ces territoires font face à une crise sécuritaire grave qui empêche les populations de mener une vie normale. Dans certaines localités, affirme-t-il, les enfants ne fréquentent plus l’école et la jeunesse est confrontée au chômage, tandis que le népotisme continue de miner la gouvernance publique.
« On ne peut pas prétendre organiser des réformes importantes alors que certaines parties du pays vivent dans la guerre et l’insécurité », insiste-t-il.
Selon lui, la révision constitutionnelle pourrait être envisagée dans le futur, mais seulement lorsque les priorités nationales auront été prises en compte.
Il estime que la priorité devrait être la pacification de l’Est, suivie de l’organisation d’un dialogue national et de la préparation des prochaines échéances électorales.
Dans son message final, Blaise Omunyepa invite ainsi la classe politique à revenir à l’essentiel : rétablir la paix, restaurer l’autorité de l’État et garantir des élections crédibles et inclusives sous la présidence de Félix Antoine Tshisekedi.
Junior kasamba/Actuafrique 7.cd


