Journée mondiale du gorille : l’appel poignant d’un expert congolais pour sauver une espèce en péril

 

 

Chaque 24 septembre, la planète célèbre la Journée mondiale du gorille, une date qui résonne avec gravité en République démocratique du Congo (RDC), terre natale de certaines des sous-espèces les plus menacées. Ici, la célébration prend des allures de cri d’alarme, porté par des voix engagées comme celle de Benezeth Kambale Visando, écologiste et expert en gestion des ressources naturelles. Depuis le projet GRACE, dédié à la réhabilitation des gorilles de plaine de l’Est, il milite pour une prise de conscience collective : « Protéger les gorilles, c’est préserver un pan vital de notre biodiversité. »

*Des cousins proches, des vies fragiles*

Les gorilles ne sont pas de simples habitants de la forêt. Avec 98 % de patrimoine génétique partagé avec l’homme, ces grands singes étonnent par leur intelligence, leur organisation sociale, et leur sensibilité. « Ils nous ressemblent plus qu’on ne le pense », rappelle M. Visando. Mais leur rôle va bien au-delà de cette proximité génétique : ce sont des jardiniers invisibles de la forêt, disséminant les graines qui assurent la régénération des écosystèmes tropicaux.

*Une présence restreinte, quatre sous-espèces en danger*

On ne trouve les gorilles qu’en Afrique centrale, et leur répartition se limite à quatre sous-espèces aujourd’hui toutes menacées, explique t-il :

– Gorilla gorilla gorilla, à l’ouest du continent,

– Gorilla gorilla diehli, dans la région de la rivière Cross,

– Gorilla beringei beringei, les célèbres gorilles de montagne, présents notamment en RDC,

– Et Gorilla beringei graueri, les gorilles de plaine orientale, endémiques à la RDC, et parmi les plus menacés au monde.

*Menaces multiples, urgence absolue*

Malgré leur importance écologique, les gorilles paient un lourd tribut aux activités humaines. En RDC, les menaces sont multiples, renchérit-il :

– La chasse pour la viande de brousse, qui décime les populations,

– La déforestation, qui détruit leur habitat,

– Le braconnage et le commerce illégal, attirés par des profits colossaux,

– Les maladies infectieuses, souvent transmises par contact humain,

– Et le changement climatique, qui bouleverse leur environnement naturel.

« Chaque menace, prise isolément, est déjà préoccupante. Mais combinées, elles deviennent une bombe à retardement pour l’espèce », alerte M. Visando.

*Impliquer les communautés : un levier de survie*

Pour cet expert, la conservation ne peut réussir sans l’adhésion des communautés locales. L’information, la sensibilisation et la responsabilisation sont des piliers de son combat.

> « Que la communauté locale puisse appuyer toutes les actions de conservation de la biodiversité », martèle-t-il.

C’est pourquoi la communication doit être vue non pas comme un outil accessoire, mais comme une arme stratégique. Mieux informées, les populations deviennent des alliées naturelles dans la lutte contre le braconnage et la destruction des forêts.

*Un devoir collectif pour un avenir partagé*

La Journée mondiale du gorille ne devrait pas être une simple célébration de plus dans le calendrier. Elle est un rendez-vous avec notre conscience collective, un appel à l’action pour protéger ces géants menacés, symboles vivants de la richesse naturelle de la RDC.

À travers la voix de Benezeth Kambale Visando, c’est un message d’espoir et de responsabilité qui est lancé :

« Préserver les gorilles, c’est aussi préserver notre avenir. »

*_Par Jacques DALA et Richard MUMBERE Kalayi*_