Lancés en grande pompe le 28 août dernier par le gouverneur de la province, Paulin Lendongoliya, les travaux d’élaboration des prévisions budgétaires de la Tshopo et de ses entités territoriales décentralisées pour l’exercice 2026 sont aujourd’hui à l’arrêt. En cause : le manque de moyens logistiques et financiers.
Selon un membre de la commission budgétaire qui a contacté notre rédaction depuis Kisangani pour alerter l’opinion, la situation est critique. « Nous manquons de tout : pas de papier, pas d’eau, pas de nourriture. Pire encore, nos primes de prestation ne sont pas payées », déplore-t-il.
Notre source indique que si de modestes primes avaient été versées lors de la première phase avec un grand retard, rien n’est payé à la seconde. Face à cette impasse et à ce qu’ils qualifient de « tromperie » de la part des autorités provinciales, les membres de la commission ont décidé de suspendre leurs travaux depuis vendredi dernier.
Une décision lourde de conséquences, puisque les prévisions budgétaires devaient être finalisées d’ici le 28 septembre, en prélude à l’ouverture de la session budgétaire fixée au 30 septembre.
Toujours selon notre source, ce blocage n’est pas un fait isolé. Le gouverneur Paulin Lendongoliya serait accusé d’avoir déjà détourné des fonds alloués aux commissions budgétaires des exercices précédents, notamment en 2025 et pour le budget dit « d’intégration ».
« Faire travailler les commissions sans leur payer est devenu une habitude. Les agents réclament leurs droits depuis longtemps, sans succès », a confié le membre de la commission.
Par ailleurs, la situation sociale au sein de l’administration provinciale demeure tendue : plusieurs agents du gouvernement provincial cumulent aujourd’hui plus de cinq mois d’arriérés de salaires, sans réaction du gouverneur.
Face à cette crise, notre source appelle à une intervention urgente de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, en sa qualité d’autorité budgétaire, pour « sauver » l’élaboration du budget 2026.
Sans une reprise rapide des travaux, c’est toute la planification financière de la province qui risque d’être compromise, au moment où la Tshopo fait déjà face à d’importants défis socio-économiques.
Rédaction.
