Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a annoncé la mise en place d’une commission internationale indépendante chargée d’enquêter sur les violations graves des droits humains commises dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Composée de trois experts de renom, la commission sera dirigée par Arnauld Akodjenou, diplomate béninois et ancien haut fonctionnaire du HCR. Il sera accompagné de Maxine Marcus, juriste germano-américaine spécialisée dans la justice internationale, et de Clément Nyaletsossi Voule, expert togolais et ancien rapporteur spécial des Nations unies sur le droit de réunion pacifique et d’association.
Créée en février 2025, cette commission a pour mission de documenter et d’analyser les violations des droits humains, y compris les abus sexuels, les exécutions extrajudiciaires, les disparitions forcées ainsi que les attaques ciblées contre les déplacés internes. Les experts devront également identifier les responsables et formuler des recommandations visant à renforcer la lutte contre l’impunité et à assurer la justice pour les victimes.
Selon le communiqué du Conseil des droits de l’homme, la première mission de terrain des enquêteurs est prévue pour janvier 2026, tandis qu’un rapport complet sera présenté en 2027 à Genève. Ce rapport devrait constituer une base essentielle pour d’éventuelles poursuites nationales ou internationales.
Cette initiative intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans l’est de la RDC, marqué par la recrudescence des violences entre les forces armées congolaises (FARDC) et les groupes armés, notamment le M23, ainsi que par les attaques répétées contre les civils et les violations massives des droits humains signalées par plusieurs organisations locales et internationales.
Pour de nombreux observateurs, la création de cette commission représente une étape importante vers la vérité et la justice pour des millions de Congolais affectés par près de trois décennies de conflits dans les Kivu.
BENJAMIN VITA
