Les larmes de crocodile coulent depuis plusieurs décennies dans le nord-est de la République Démocratique du Congo. Le cri d’une population désespérée face à l’injustice à ciel ouvert au nom de la conservation de la biodiversité du Parc national de la Garamba, un patrimoine mondial de l’Unesco. Depuis sa genèse à 1938, 87 ans après, les droits de la population riveraine qui contribue de manière continue aux efforts de la conservation aux côtés de l’institut congolais pour la Conservation de la nature (ICCN) sont toujours minimisés, désorientés, bafoués.
Les récompenses qui devraient revenir aux communautés riveraines localisées dans les trois domaines de chasse adjacents du parc national de la Garamba ( Azande, Gangala na Bodio et Mondo-Misa), principalement en terme des infrastructures routières, scolaires, énergétiques, des projets agricoles et autres sont bien en dessous des résultats escomptés, au regard des financements injectés par les bailleurs de fonds ( Sud Africains, Américains, Européens). Oui, quelques projets rares à impact visibles sont à énumérer dans les domaines de chasse constituant le Complexe Garamba: des écoles construites, des structures sanitaires, des projets agropastoraux.
Des projets dictés par les animateurs du Parc ?
Pour la plupart des riverains contactés sous couvert d’anonymat ne font pas foi aux projets du parc national de la Garamba aux populations locales, comme contrepartie aux efforts de la conservation de la nature. Ils font savoir que les bénéficiaires ne sont généralement pas associés, consultés en amont en vue de sélectionner les projets qui répondent à leurs besoins fondamentaux. En revanche, le parc monterait et dictérait ses propres projets au bureau avant de les imposer aux bénéficiaires. Conséquences, la grande majorité de ces projets aboutissent à un échec. Tel est cas du projet de la culture de cacao sans une étude au préalable.
Une dictature au sommet de Garamba ?
Un grand patrimoine mondial se transforme brusquement en une nébuleuse, sanctuaire de l’obscurité au service d’un démon congolais ayant détruit plusieurs générations » intérêts égoïstes, népotisme, Clientélisme, le tribalisme, corruption et la dictature ». Un conglomérat de personnes venu de tous les horizons décide de faire de pactiser avec le diable, assoiffé d’argent, pour détruire le peu qui devrait encore aider le petit peuple à subvenir à ses besoins. Les sources d’Actuafrique7.cd révèlent que ces individus se sont décidés de se partager Garamba. Les postes juteux et de prise de décision leur reviennent au détriment des compétences locales. Le mode recrutement se baserait sur le Clientélisme, la corruption, le népotisme, le tribalisme, ajoutent les mêmes sources avant de préciser que les compétences locales n’occupent que des postes dérisoires notamment des écogardes, des chauffeurs, des manutentionnaires, des cuisiniers et des nettoyeurs.
Le Parc National de la Garamba : de la bénédiction écologique à la malédiction sociale
Le Parc National de la Garamba, sanctuaire classé au patrimoine mondial, incarne une contradiction tragique. Née pour être un bienfait pour les populations riveraines, son existence s’est muée en une malédiction aux conséquences palpables. Le sanctuaire, autrefois symbole d’espoir, est devenu le théâtre d’une spoliation systématique, où l’intérêt général est sacrifié sur l’autel des appétits privés.
Une gestion opaque et viciée a confisqué la promesse de prospérité commune. Aux emplois méritants pour les fils du terroir, on a préféré l’évaporation des opportunités dans les méandres de contrats opaques et de partenariats douteux. Cette économie de l’ombre, tissée de complicités et de rétro commissions, engraisse un cercle restreint d’initiés, tandis que la majorité est condamnée à l’indigence.
L’approche de développementale du parc relève du chantage et de la réaction forcée. Les quelques réalisations, arrachées soit par la contestation populaire, soit dans le sillage d’effusions de sang, interrogent avec une acuité glaçante : cette conservation de la nature se fait-elle au prix de l’anéantissement progressif d’un peuple ? L’interdiction stricte de couper du bois, même pour des rites funéraires dignes, confine la population à une précarité archaïque, une négation de sa propre humanité.
Le contraste avec le Parc National des Virunga est une blessure ouverte. Là où Virunga a su catalyser des filières agro-industrielles structurantes – cacao, café, huile de palme – créant de la richesse et de l’autonomie, Garamba n’offre qu’un désert d’initiatives avortées et un florilège de promesses non tenues. Cette divergence de destin n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat de choix politiques et de priorités manifestement biaisées.
L’absence totale de programme de bourses d’études pour la jeunesse locale scelle cette logique d’exclusion. La cohabitation est empoisonnée par la méfiance, l’imposition verticale de projets et la marginalisation des autorités locales légitimes.
Il est urgent de mettre un terme à cette dérive. L’heure n’est plus aux constats amers, mais à une refondation radicale. Un dialogue franc et inclusif s’impose autour de la table des négociations. Il faut dépasser le rapport de force pour construire un partenariat sincère et équitable, où la préservation du patrimoine naturel rime enfin avec la justice sociale et le partage des bénéfices. Le destin de Garamba et de ses habitants mérite mieux qu’une malédiction administrée ; il appelle à un pacte renouvelé entre l’homme et sa terre.
Garamba précipitée au déclin
Il est temps d’agir et de mettre fin aux velléités des opportunistes à Garamba pour éviter le pire. Donner de la place et de la considération aux autochtones qui participent quotidiennement à la conservation. Le contraire contrairait les riverains à revenir dans leurs anciennes pratiques qui n’est autre que le braconnage des espèces phares qui font la fierté de Garamba. L’ICCN en premier ligne est appelé à agir de manière responsable pour une paix durable en mettant de côté les brebis galeuses, des personnes ayant démontrées leurs limites, conformément à la vision du Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Actuafrique7.cd
