Ituri/Kakwa :Le mayirungi, un fléau silencieux qui détruit l’avenir de la jeunesse

Le mayirungi, communément appelé khat, prend de plus en plus d’ampleur dans la chefferie de Kakwa, en province de l’Ituri. Ce phénomène, autrefois perçu comme un simple passe-temps ou un signe de détente entre jeunes, se transforme aujourd’hui en un véritable danger social.

Selon Trésor Ayiki, président du Conseil local de la jeunesse de la chefferie de Kakwa, le mayirungi est devenu une « cachette » pour plusieurs jeunes en quête d’évasion. « Ce qui commence comme un jeu finit souvent par une dépendance qui détruit la santé, brise les familles et compromet l’avenir des jeunes », déplore-t-il.

Derrière les instants d’euphorie que procure cette plante se cache une réalité amère : perte de concentration, agressivité, décrochage scolaire et marginalisation. Le mayirungi n’apporte ni force ni richesse, mais entraîne la perte de temps, d’énergie et de volonté, des ressources précieuses pour tout jeune porteur d’avenir.

Le président du Conseil local de la jeunesse appelle à une mobilisation collective contre ce fléau : « La vraie force de la jeunesse ne réside pas dans la consommation de drogues, mais dans le travail, la persévérance et la vision d’un avenir meilleur. Unissons nos efforts pour redonner à notre jeunesse le goût du travail, du rêve et de la dignité », insiste-t-il.

Face à ce phénomène grandissant, plusieurs acteurs locaux de la jeunesse plaident pour des campagnes de sensibilisation, l’encadrement des jeunes et la création d’activités génératrices de revenus afin d’offrir des alternatives concrètes à ceux qui se laissent piéger par cette drogue.

LOMO ARIKE