Après deux décennies d’attente, la communauté de la Mondo dans territoire de Faradje, province du Haut-Uele dans le Nord-est de la République Démocratique du Congo, a réceptionné mercredi 11 mars 2026 un lot de 240 exemplaires du Nouveau Testament traduits en langue Mündü. Arrivées par la piste d’aviation de Nyalanya, en cité frontalière d’Aba, ces bibles avaient été bloquées à Juba, capitale du Soudan du Sud, avant d’être acheminées, via la ville ougandaise d’Arua, puis Bunia, en Ituri.
Selon le Révérend Pasteur Dasoma Nzira, coordinateur du projet de traduction de la bible en Mündü en République Démocratique du Congo, ces ouvrages constituant le troisième lot, étaient restés immobilisés pendant vingt ans au Soudan du Sud, en raison de la situation sécuritaire jugée précaire au Soudan du Sud, de défis logistiques et de l’impraticabilité de la piste d’aviation de Nyalanya pendant des années. Leur rapatriement n’a été possible que grâce au soutien financier de la Société internationale de linguistique (SIL), qui a affrété un avion spécial pour leur transport.
Proposés au prix symbolique de cinq (5) dollars américains, ces nouveaux exemplaires permettront non seulement l’accès aux textes bibliques dans la langue maternelle, mais aussi le financement de séminaires d’alphabétisation et la production des ouvrages pédagogiques en Mündü. Le pasteur Dasoma Nzira appelle la population mondo à se mobiliser autour de la valorisation de leur langue d’identité, et encourage l’acquisition de ces textes pour renforcer le patrimoine linguistique local.
Le projet de traduction, dédicacé en 2006 sous l’impulsion de la SIL et avec la participation de plusieurs acteurs dont le CITIBA, a constitué un jalon majeur dans la sauvegarde d’un idiome menacé de disparition. Une partie des travaux s’est tenue à Isiro et au siège du district ecclésiastique de la CECA 20, à Aba. À ce s’ajoute les efforts fournis par la coordination de l’association dénommée » Bana Mündü d’origine » dans son département de la langue et par l’entremise de son représentant que cette étape a été franchie.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique globale d’accès aux textes sacrés dans les langues locales, contribuant à la préservation des identités culturelles et à la revitalisation linguistique au sein des communautés locales.
Xavier Tereka


