EXETAT 2025 : Les enseignants de Masisi et Rutshuru reviennent sur leur menace de boycott, alors que plus d’un million d’élèves entament les épreuves

Alors que plus d’un million d’élèves finalistes à travers la RDC entament ce lundi 28 juillet la session ordinaire de la 58ᵉ édition de l’Examen d’État, les territoires de Masisi et Rutshuru (Nord-Kivu 3) éviteront finalement une paralysie. Les enseignants, qui menaçaient de boycotter la surveillance des épreuves en raison de six mois d’arriérés de salaire, ont suspendu leur mot d’ordre après un compromis trouvé avec la Caritas, leur agent payeur.

Un compromis fragile mais salutaire

Selon Bandu Bauma Exaucé, porte-parole de l’intersyndicale des enseignants, la Caritas a confirmé le démarrage imminent de la paie, sur base d’une promesse ferme de décaissement par l’IFOD.

« Le patriotisme et notre vocation nous obligent à accompagner nos élèves. Les enseignants et inspecteurs sont déjà déployés dans les centres d’examen », a-t-il déclaré.

Toutefois, les syndicats restent méfiants et appellent à la vigilance, accusant l’IFOD de blocages récurrents dans le processus de paiement. Ils appellent le gouvernement à garantir cette fois la concrétisation des engagements pris.

Par ailleurs, pour des raisons sécuritaires, plusieurs centres d’examen ont été délocalisés dans les zones à risque. C’est notamment le cas du centre de Bukombo, transféré à Nyabiondo-centre.

Une édition marquée par des chiffres records

Au niveau national, 1 079 341 candidats prennent part à cette session, dont 57 156 filles. Répartis dans 3 165 centres, ces élèves tenteront de décrocher leur diplôme d’État, marque de fin du secondaire. Le lancement officiel sera présidé depuis Kinshasa par Raïssa Malu, ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté.

Par rapport à 2024, le nombre de candidats a connu une hausse significative de 117 054 inscrits, avec une progression notable du taux de participation féminine dans plusieurs provinces. L’Ituri 1, Kinshasa-Mont Amba et Kinshasa-Lukunga enregistrent chacune plus de 51 % de candidates, un progrès salué par les autorités.

Le cycle court professionnel n’est pas en reste, avec 6 022 candidats dont 1 020 filles, et une forte représentation féminine dans certaines provinces, comme le Kasaï Oriental 2 où 93,9 % des candidats sont des filles.

Une transformation numérique en cours

Cette édition est également marquée par une innovation majeure dans l’organisation des épreuves : la numérisation des inscriptions, avec plus de 4 millions d’élèves identifiés électroniquement, a permis de supprimer quelque 12 millions de documents papier.

Deux centres de scannage modernes ont été inaugurés à Mbuji-Mayi et Lubumbashi, permettant une correction décentralisée et plus rapide des copies. Nouveauté également : le déploiement de l’outil d’intelligence artificielle S-Note Manager, qui facilite la correction automatisée tout en maintenant une supervision humaine rigoureuse.

Un enjeu éducatif et national

Malgré les défis sécuritaires et sociaux, notamment dans des zones comme le Nord-Kivu, le lancement effectif de l’Exetat 2025 confirme la volonté des autorités de moderniser le système éducatif congolais. L’examen reste un baromètre de l’état de l’école en RDC, et cette édition illustre un tournant à la fois numérique, paritaire et symbolique dans l’histoire de l’éducation nationale.

Elias Magumba