En ce 30 juin, jour marquant le 65e anniversaire de l’indépendance de la République Démocratique du Congo, les mots de Patrice Émery Lumumba résonnent toujours avec une puissance saisissante. Premier Premier ministre du Congo indépendant, Lumumba, dans son discours historique de 1960, a peint sans détour les affres du colonialisme belge et la dignité retrouvée d’un peuple enfin libre.
« Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses : exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort même », déclarait-il. Il dénonçait un système brutal où la ségrégation, l’humiliation et la négation de l’humanité des Noirs étaient la norme : « Il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillotes croulantes pour les noirs… un noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens. »
Mais ce discours n’était pas qu’un réquisitoire contre l’oppression. Il était surtout un hommage vibrant à la résistance du peuple congolais. « Cette indépendance du Congo, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier que c’est par la lutte qu’elle a été conquise. » Une lutte ardente, au prix de larmes, de sang et de sacrifices, menée pour la dignité, la justice et la liberté.
En évoquant cette « lutte noble et juste », Lumumba appelait à la mémoire, mais aussi à la vigilance. Ses paroles nous rappellent que l’indépendance n’est pas un acquis figé dans le passé, mais un combat permanent pour un avenir digne.
Aujourd’hui encore, elles interpellent chaque Congolais sur la responsabilité de préserver l’héritage de ceux qui ont payé le prix fort pour briser les chaînes de la colonisation.
Elias Magumba