La province du Haut-Uele est entrée dans l’ère de la redevabilité envers le peuple, détenteur du pouvoir public et propriétaire des institutions. Ce samedi 03 octobre 2026, le Conseil Provincial de Sécurité s’est prêté à un exercice républicain d’échanges directs avec les chevaliers de la plume de la ville d’Isiro, autour de la situation sécuritaire et des actions menées par chaque institution selon ses attributions.
Interpellé par Estache Kambala, Directeur de la radio RTK, sur une supposée inefficacité de la justice qui frôlerait la complicité face à la libération de présumés criminels, le Procureur Général a apporté des clarifications de droit. Selon lui, conformément aux lois de la République, si le dossier d’un prévenu est vide, sans victime constituée, ou s’il s’agit d’infractions à caractère civil sanctionnées par des amendes, voire de vol simple où l’accusé peut purger sa peine, la remise en liberté est légale. Il a précisé avoir tenu une réunion avec tous les Officiers de Police Judiciaire (OPJ) d’Isiro et du territoire de Rungu pour exiger une meilleure récolte des preuves avant toute transmission au parquet.
Dieu-Merci Betima, Directeur de la radio NAVA, a interrogé le Ministre provincial de la Sécurité, Alexis Ambambela, sur son ressenti face à la comptabilité criminelle quotidienne et sur les stratégies mises en place depuis la levée du couvre-feu. Le Ministre s’est dit profondément touché par cette insécurité persistante, tout en assurant que des mesures fortes sont prises pour stopper l’hémorragie, notamment le maintien des patrouilles mixtes PNC-FARDC avec la collaboration de la population.
Ruphin Asemane, DG de la Voix de l’Uele, a demandé au Ministre de l’Intérieur ce qui empêche le Gouvernement d’affréter un avion pour transférer les détenus dangereux vers des prisons de haute sécurité afin d’éviter les évasions à répétition, et comment sont encadrés les jeunes vigilants qui appuient les forces de l’ordre. Interpellé sur le fait que la levée du couvre-feu coïncide avec une accalmie, le Commissaire adjoint de la PNC a évoqué la question de l’insuffisance d’effectifs qui oblige à recourir à l’armée. Le Ministre Ambambela a affirmé que le Gouvernement a déjà affrété à plusieurs reprises des avions pour le transfert de prisonniers dangereux sur base des rapports de la direction pénitentiaire, et que concernant les jeunes vigilants, un fonds leur a été alloué via le Conseil Provincial de la Jeunesse (CPJ).
La journaliste Nathalie Mbula, attachée de presse au cabinet du Gouverneur et reporter à la RTNC, a posé trois questions: au Commissaire, que ressent-il quand des policiers censés protéger la population sont impliqués dans des braquages ? Au Procureur, que fait-il des repris de justice ? Et au Maire adjoint, pourquoi l’insécurité urbaine ne semble-t-elle pas l’intéresser ? Le Commissaire a été catégorique: tout policier impliqué dans une opération criminelle est directement déféré à l’Auditorat militaire, citant le cas récent d’un véhicule de la police intercepté lors d’un braquage dont tous les occupants ont été arrêtés. Le Procureur a souligné que la fragilité de la prison d’Amiza favorise les évasions et donc les récidives, tout en saluant l’accélération des travaux de la nouvelle prison par le Gouverneur Jean Bakomito. Le Maire adjoint a réfuté tout désintérêt, affirmant que la mairie renseigne quotidiennement les services de sécurité et que c’est par manque de moyens que ses actions ne sont pas toujours médiatisées.
Generose Amisi, d’ActuAfrique7.CD et attachée de presse du Gouverneur, a interpellé le Commissaire sur le suivi effectif des patrouilles: comment Isiro, avec seulement trois communes, peut-elle être menacée simultanément sur plusieurs fronts ? Le Commissaire a rappelé l’existence d’un numéro vert pour les alertes, malheureusement peu utilisé ou utilisé tardivement par la population.
Enfin, Ruphin Adambu, DG de Kwetu FM et Coordonnateur adjoint de la Cellule de Communication du Gouvernorat, a relevé que l’insalubrité, les constructions anarchiques servant d’entrepôts criminels et le manque d’éclairage public favorisent l’insécurité. Il a également interrogé le Ministre sur le désarmement des détenteurs d’armes légères non identifiées et sur l’identification des déplacés du Nord et Sud-Kivu affluant massivement à Watsa. En réponse, il a été indiqué que l’ordonnance présidentielle sur l’assainissement et la lutte contre les constructions anarchiques, initiée à Kinshasa et relayée par le Gouverneur Jean Bakomito, est en phase de sensibilisation avant son application stricte. Pour la salubrité, malgré quelques résistances et le défi des engins, le Gouvernement reste déterminé. Concernant les armes légères, un travail est mené avec les services de sécurité, même si la province ne dispose pas encore d’un service dédié comme dans d’autres provinces. Pour les déplacés, des services attitrés sont placés à l’entrée de chaque territoire et des rapports hebdomadaires sur les entrées et sorties sont transmis, en particulier pour le territoire de Watsa.
Generose Amisi