Haut-Uélé : le député national Joseph Bangakya exige des éclaircissements sur les fonds de la riposte contre Ebola

La gestion des fonds mobilisés dans le cadre de la riposte contre l’épidémie à virus Ebola dans la province du Haut-Uélé suscite des interrogations à l’Assemblée nationale.

Intervenant en plénière, joint également par téléphone, le député national Joseph Bangakya a appelé à faire toute la lumière sur l’utilisation des ressources destinées notamment à la sensibilisation communautaire dans les zones affectées par l’épidémie.

Selon l’élu, sept zones de santé sur les treize que compte la province seraient actuellement touchées, avec des foyers signalés notamment à Wamba, Isiro, Watsa et, plus récemment, à Rungu.

Joseph Bangakya a insisté sur l’importance de l’implication des communautés dans la lutte contre Ebola. Selon lui, la réponse sanitaire ne peut se limiter aux interventions médicales : l’adhésion de la population reste essentielle pour contenir la propagation de la maladie.

Il a notamment salué l’évolution vers une approche davantage communautaire, impliquant les élus locaux et nationaux dans la sensibilisation des populations.

Cette mobilisation vise notamment à renforcer la compréhension de la maladie, lutter contre les rumeurs et favoriser la collaboration entre les communautés et les équipes de ripostes.

C’est toute fois la gestion des ressources financières destinées aux activités de sensibilisation qui a constitué le principal point d’alerte de l’intervention.

Le député a fait état d’accusations d’utilisation irrégulière de fonds affectés à la riposte communautaire, évoquant notamment le déplacement d’un groupe de députés nationaux dans le Haut-Uélé.

Selon son intervention, certains élus auraient bénéficié de moyens financiers liés à cette mission, alors que plusieurs territoires de la province n’auraient pas reçu les ressources attendues pour mener les activités de sensibilisation.

Joseph Bangakya affirme par ailleurs disposer de plusieurs éléments, notamment des messages et une correspondance attribuée au ministre de la Santé, susceptibles, selon lui, d’apporter des éclaircissements sur la destination initialement prévue de ces fonds.

Face à ces préoccupations, le député a annoncé son intention de saisir les autorités judiciaires compétentes afin que les faits soient examinés.

Il a également appelé le Bureau de l’Assemblée nationale et le comité de sages à se pencher sur la question.

« Il est indispensable que toute la lumière soit faite sur cette situation », a-t-il déclaré, estimant que les ressources mobilisées dans le cadre d’une urgence sanitaire doivent être utilisées conformément à leur destination et bénéficier aux communautés concernées.

Au-delà de la question financière, l’intervention de Joseph Bangakya met en évidence un enjeu central de la riposte contre Ebola : la confiance des communautés.

Dans une épidémie comme Ebola, la sensibilisation joue un rôle déterminant pour favoriser l’adhésion aux mesures sanitaires, combattre les rumeurs et faciliter la collaboration avec les équipes de riposte.

La transparence dans la gestion des ressources apparaît ainsi comme un élément important pour préserver la confiance des populations et des partenaires engagés dans la lutte contre l’épidémie.

L’intervention du député ouvre désormais la voie à d’éventuelles vérifications administratives, parlementaires ou judiciaires afin d’établir les faits et, le cas échéant, les responsabilités.

Dans un contexte sanitaire particulièrement sensible au Haut-Uélé, la question posée à l’Assemblée nationale est désormais celle de la traçabilité et de la bonne utilisation des ressources mobilisées pour protéger les populations.

Rédaction