Un an après sa prise de fonctions à la tête du Ministère national du Genre, Famille et Enfant, Madame Micheline Ombae Kalama a présenté ce mercredi devant la presse isiroise un bilan annuel jugé exceptionnel. Redevable devant les fils et filles du Haut-Uele, sa province d’origine, la Ministre a articulé son action autour des trois priorités du Programme d’Action du Gouvernement Suminwa II: la lutte contre les violences basées sur le genre et l’autonomisation de la femme, la promotion de la femme et la protection de l’enfant et de la famille, ainsi que la mise en œuvre de la vision présidentielle de la masculinité positive.
Sur le premier axe, la patronne du Genre a annoncé plusieurs avancées. L’organisation d’un forum national du genre réunissant les divisions provinciales et les ministères provinciaux a permis d’uniformiser la communication et de renforcer la coordination nationale. Elle a également procédé à la redynamisation des cellules genre dans les institutions publiques et privées pour intégrer la dimension genre dans les politiques de gestion. Autre acquis majeur, l’actualisation de la Stratégie Nationale de participation de la femme à la gouvernance, qui a permis de relancer l’application de la loi sur les modalités de la parité homme-femme, promulguée il y a 14 ans mais jamais entrée en vigueur, en vue d’atteindre l’objectif 50/50 d’ici 2030. Interrogée par la journaliste Générose Amisi sur les violences cybernétiques, la Ministre a encouragé les femmes à dénoncer systématiquement pour que les auteurs soient mis à la disposition de la justice.
Dans le secteur de l’enfant, malgré son caractère multisectoriel, Micheline Ombae Kalama a posé un acte historique avec l’élaboration de la toute première Politique Nationale de l’Enfant en RDC, dont la prochaine étape est sa mise en œuvre effective par tous les acteurs. Elle a également institutionnalisé le Parlement d’Enfants à travers une feuille de route nationale, transformant ce qui n’était qu’initiatives privées en une structure étatique dotée de cadres permanents capables d’accueillir des enfants venus de toutes les provinces pour leurs plénières.
Pour lutter contre les violences basées sur le genre, un axe prioritaire du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, elle a sensibilisé sur la campagne « Tolérance Zéro » pour faciliter l’accès des victimes à une justice équitable, tout en insistant sur la prévention et la réinsertion. La publication du rapport national sur les violences basées sur le genre 2024-2025 a permis de mesurer l’ampleur du phénomène. Elle a en outre redynamisé les Centres Intégrés de prise en charge Multisectorielle (CICM) qui assurent quatre volets: médical, psychologique, juridique et réinsertion socio-économique et éducative. Avec l’appui de la KOICA et du PNUD, plus de cinq CICM fonctionnent à Kinshasa, un nombre jugé encore insuffisant, et d’autres ont été installés dans les provinces, notamment dans la Tshopo où elle a visité les victimes du conflit Mbole-Lengola à Kisangani.
Pour le Haut-Uele, la Ministre a plaidé pour le décaissement des fonds alloués à la construction de la Maison de la Femme, afin d’appuyer les efforts du Gouvernement provincial dirigé par l’Honorable Jean Bakomito Gambu, ainsi que pour la construction d’un centre de rééducation pour les enfants en conflit avec la loi afin qu’ils ne soient plus traités comme des adultes.
Sur le volet autonomisation, plus de 30.000 femmes actives dans l’agriculture et l’entrepreneuriat ont été financées à travers le pays grâce au projet TRANSFORME, en partenariat avec le Ministère de l’Emploi et de l’Entrepreneuriat, à l’occasion de la Journée Internationale de la Femme Africaine. Enfin, s’inscrivant dans la vision du Président Félix-Antoine Tshisekedi, Champion de la Masculinité Positive en Afrique, elle a mis en œuvre les cellules de masculinité positive et plaidé pour l’insertion de ce concept dans le cursus scolaire afin de former des élites et des hommes genrés. Une innovation propre à son mandat.
Pour clore, la Ministre a lancé un message fort de sensibilisation contre la maladie à virus Ebola qui sévit au Haut-Uele: « Ebola tue. Nous devons respecter les consignes des autorités sanitaires pour nous protéger et protéger nos proches. »
*Generose Amisi*