Haut-Uélé : quand l’or prend le dessus sur l’éducation des enfants

À Otaza, dans la sous-division de Gombari (province éducationnelle du Haut-Uélé 1), l’école primaire Anuarite fait face à une crise alarmante d’effectifs. Son directeur principal, Mathe Malindera, alerte sur une chute significative du nombre d’élèves : de 164 enfants au départ pour un cycle complet, l’établissement ne fonctionne aujourd’hui qu’avec une quatre-vingtaine d’élèves, une situation qui fragilise son fonctionnement et son avenir.

Dans une interview exclusive accordée à Actuafrique7.cd, le directeur explique que cette baisse est principalement liée à l’attrait des activités aurifères dans la région. De nombreux enfants en âge scolaire quittent les salles de classe pour se rendre dans les sites miniers artisanaux, au détriment de leur éducation.

L’école primaire Anuarite, implantée dans la concession de l’Église catholique, dépend largement de la contribution des parents. Mais ces derniers, déjà épuisés par les travaux manuels dans les carrières, peinent à assurer correctement la scolarisation de leurs enfants dans un contexte socio-économique difficile.

Mathe Malindera cite plusieurs zones d’exploitation artisanale où ces enfants sont régulièrement observés, notamment la carrière dite « Patience », ainsi que des ruisseaux comme Mayi Libata et d’autres sites aurifères environnants. Ces lieux sont devenus des points d’attraction pour les mineurs, éloignant progressivement les élèves de l’école.

Face à cette situation, le directeur plaide pour une intervention urgente des autorités afin d’interdire l’accès des enfants aux carrières minières et de renforcer leur protection. Il appelle également le gouvernement à soutenir la construction et l’équipement de l’école Anuarite, tout en sollicitant l’implication des organisations de défense des droits de l’enfant pour lutter contre le travail des mineurs et garantir leur droit à l’éducation.

Junior kasamba