Haut-Uele : Moratoire dans les zones d’expansion minière, la société civile de Watsa insiste sur la sensibilisation des communautés

La coordination territoriale de la société civile du Congo à Watsa appelle les autorités et l’entreprise Kibali Gold Mine à renforcer la communication autour du moratoire décrété dans certaines zones destinées à l’extension des activités minières.

Son coordonnateur territorial, Joseph Kelema, estime que cette mesure ne pourra être respectée que si la population est correctement informée de son contenu et de ses implications. Dans un échange téléphonique avec la presse, il a souligné que la sensibilisation des communautés locales reste un élément déterminant pour éviter les tensions dans les zones concernées.

Selon lui, des équipes devraient être déployées dans les villages afin d’expliquer clairement aux habitants les raisons du moratoire et les restrictions qui en découlent. Une telle démarche, affirme-t-il, permettrait de dissiper les rumeurs et de prévenir les incompréhensions entre la population, l’entreprise minière et les autorités étatiques.

Ce moratoire, rappelle-t-on, découle de deux arrêtés provinciaux signés le 24 février 2026. Il vise à empêcher l’installation de nouvelles populations ainsi que le développement de nouvelles activités dans les périmètres ciblés pour l’extension des opérations de Kibali Gold Mine, notamment dans les zones d’ARK et de Gorumbwa Extension.

Dans ces espaces, plusieurs pratiques sont désormais proscrites. Il s’agit notamment de la construction de nouvelles habitations ou infrastructures sociales, de l’agrandissement des bâtiments existants, de la vente ou de la location de parcelles, ainsi que de l’ouverture de nouveaux champs ou la plantation de cultures pérennes. L’inhumation dans certains cimetières appelés à disparaître est également interdite.

Pour matérialiser cette décision, les limites des zones concernées seront marquées par des balises, des rubans de signalisation et des panneaux d’avertissement. Des dispositifs de surveillance seront également mis en place afin d’éviter toute nouvelle installation dans ces périmètres.

Toutefois, les ménages déjà établis dans ces zones pourront poursuivre certaines activités de subsistance.

Ils restent autorisés à réparer leurs habitations et à cultiver des cultures saisonnières comme le maïs, le riz, les haricots, l’arachide, le manioc ou encore le taro. Les cultures maraîchères telles que les tomates, les concombres ou les choux demeurent également permises.

Par ailleurs, un processus de recensement sera mené afin d’identifier les occupants et les biens présents dans les zones concernées. Cette opération inclura notamment l’utilisation de drones pour cartographier les habitations, les champs, les arbres et les étangs, ainsi que des enquêtes foncières et socio-économiques sur le terrain.

Concernant les compensations éventuelles, l’entreprise indique que seules certaines plantations pérennes et arbres économiques qui ne pourront pas être exploités avant un éventuel déplacement feront l’objet d’une indemnisation.

Pour la société civile du Congo en territoire de Watsa, la réussite de ce processus dépendra avant tout de la transparence, du dialogue et du respect des engagements pris envers les communautés locales.

Junior Kasamba / ActuAfrique7.cd