La 2ᵉ édition de la Foire Agricole et Artisanale de Durba se voulait un espace de valorisation du savoir-faire local, portée par un thème ambitieux et rassembleur : « Concilier la production à la transformation agroalimentaire afin de réduire les importations ». Une vision noble, en phase avec les aspirations des producteurs, transformateurs et artisans de la région.
Cependant, sur le terrain, la réalité a cruellement démenti l’intention affichée, rapportent à actuafrique7.cd plusieurs exposants qui ne cachent pas leur indignation.
Au cœur même de cette foire censée promouvoir les produits locaux, une initiative majeure est venue déséquilibrer l’écosystème fragile de la production locale : la distribution gratuite de 2,5 tonnes de semoule de maïs importée par KIBALI GOLD MINE à ses travailleurs, l’exposition des boissons alcoolisées venues de l’ouganda, la vente de l’eau potable porte la marque » Rwenzori ». Une action sociale sans doute bien intentionnée, mais dont l’impact économique, dans le contexte précis de la foire, a été dévastateur.
Face à cette concurrence gratuite et extérieure, les producteurs locaux, présents pour exposer, vendre et se faire connaître, ont vu leurs produits relégués au second plan. Les sacs de semoule de maïs « Made in Durba », fruits d’un labeur acharné, de mois de sacrifices et d’investissements personnels consentis au prix du renoncement au confort, sont restés invendus.
Cette situation met en lumière une contradiction profonde : comment encourager la production et la transformation locales tout en favorisant, simultanément, l’introduction massive de produits importés, surtout lorsqu’ils sont distribués gratuitement ? Une telle pratique ne peut qu’affaiblir la compétitivité des producteurs locaux, décourager l’initiative paysanne et vider de son sens l’objectif même de la foire.
La Foire Agricole et Artisanale de Durba devait être une vitrine du potentiel local, un levier de promotion et un espace de marché pour les acteurs locaux. Elle s’est malheureusement transformée, pour beaucoup d’entre eux, en une démonstration involontaire des obstacles structurels qui freinent encore la souveraineté alimentaire et la transformation locale.
Pour l’avenir, une clarification des rôles, une cohérence entre le discours et les pratiques, ainsi qu’une protection minimale des producteurs locaux lors de tels événements s’imposent. Promouvoir le local ne peut rester un simple slogan : cela exige des choix courageux, cohérents et respectueux des efforts de ceux qui produisent ici, pour nourrir ici.
Tous nos efforts pour avoir la version de faits de l’organisateur de la foire (Kibali) n’ont pas abouti.
Rédaction.


