LUALABA : À Kawama, la carrière Mulondo VII suffoque sous la précarité imposée par des opérateurs chinois

À 48 kilomètres de la ville de Kolwezi, dans la province du Lualaba, le village de Kawama vit au rythme d’une exploitation minière artisanale où cohabitent espoir, incertitude et survie. Sur la carrière dite Mulondo VII, près de 30 000 creuseurs artisanaux affluent chaque semaine, poussés par le rêve d’un revenu, même minime, dans une région pourtant riche en ressources naturelles.

Selon plusieurs témoignages recueillis par Actuafrique7.cd, les opérateurs chinois qui gèrent le site imposent une règle stricte : deux jours seulement d’activités autorisées par semaine, à savoir le samedi et le dimanche. En dehors de ces deux journées, l’exploitation est totalement interdite, laissant les creuseurs dans un immobilisme forcé.

Une situation qui fragilise davantage des familles déjà précarisées. « Comment nourrir nos enfants si nous travaillons seulement 48 heures sur toute une semaine ? », s’interroge un creuseur, visiblement indigné mais impuissant. Les besoins quotidiens, eux, ne connaissent ni pause ni calendrier.

Au-delà du manque à gagner, ce dispositif crée un climat d’inquiétude et de frustration. En effet, les creuseurs craignent une dépendance grandissante vis-à-vis des opérateurs étrangers, dans un secteur où l’État peine encore à imposer un cadre socialement responsable et économiquement équitable.

Mulondo VII n’est plus seulement une zone minière : c’est le symbole d’une lutte quotidienne pour la dignité, la survie et l’accès équitable à une richesse nationale.

Face à ces défis, les communautés locales appellent à l’intervention urgente des autorités provinciales et nationales afin de rétablir un climat de justice sociale et économique sur le site.

BENJAMIN VITA